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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 21:38

Voilà un sujet passionnant. Les semis, tous frais, ne sont pas forcéments tous assez vigoureux pour forcir et faire les réserves nécessaires avant l'hiver. Il n'est pas rare non plus, quand on sème de la quantité, de tomber par hasard sur une forme inhabituelle, monstrueuse ou autre, qui se développerait avec retard, voire pas du tout. Il peut aussi être utile de greffer certaines espèces aux racines récalcitrantes, pour favoriser leur développement.
Le Pereskiopsis, dans ce cas de figure, est tout indiqué. Certains indiquent avec sagesse que compte tenu de sa vigueur, il pourrait déformer le greffon et donner aux espèces globulaires un port columnaire pas forcément bienvenu... Nous verrons plusieurs façons de contourner ce désagréable aspect des choses.
Dans tous les cas, il nous faut un Pereskiopsis bien dodu, mais qui n'a pas été arrosé depuis 3 jours. On prendra d'ailleurs soin de  le laisser au régime pour les trois jours suivants aussi. On sélectionne le (ou les) greffon(s), positionnés sur le plan de travail. Alcool à 70 °, sopalin, lame neuve, on désinfecte les doigts, puis la lame, et c'est parti. Auparavant, on aura eu soin de découper une bouteille en plastique transparent pour servir de mini-serre, une fois renversée, pour les convalescents.


La greffe traditionnelle sur "Peres", comme on l'appellera par commodité, se fait en sectionnant dans la partie claire de croissance récente de la plante, pour garder une portion bouturable d'environ 2 à 2,5 centimètres. Rapidement, on recoupe une très fine tranche de Peres, qu'on laisse positionnée sur la blessure. On prendra ici le temps de faire une coupe bien droite. Comme la blessure est protégée, on a tout le temps (30 secondes à 1 minute) pour couper le greffon bien droit lui aussi, pour ma part, je choisis la partie sous les cotylédons : là où il est sur le point de s'arrondir. Puis, avec des doigts de fée, ou une pince fine, on repousse la tranche de porte greffe à l'aide du greffon. Celui-ci viendra donc prendre directement la bonne place, il ne restera plus qu'à lui appliquer une légère pression accompagnée d'une rotation pour être sûr d'avoir éliminé toute trace d'air entre les deux parties.
Là, on risque en effet la déformation du greffon. On peut prévenir celle-ci en dosant l'arrosage, il faut savoir que le Peres est très tolérant, et ne craint pas d'avoir très peu d'eau. Donc ne pas hésiter à donner des quantités d'eau en rapport avec la nature du greffon.

Mais une astuce très intéressante consiste à ne pas se limiter à une seule greffe.
Une seule fois en France, j'ai vu un exemple, le courageux qui a tenté ceci, c'est Gargamel, avec une greffe latérale de Lophophora, qui est la seule ayant réussi sur huit essais. Déjà, même s'il n'y a qu'une greffe sur le Peres, le fait qu'elle ait été faite sur une aréole (c'est-à-dire sur un point apical secondaire), lui donne des apports de sève plus harmonieux, le Lopho a ce dont il a besoin, ce dont il a envie, mais il n'est pas "gavé".
La greffe latérale est pourtant très simple. Et c'est génial de pouvoir en profiter, dans le cas où on manque de place, ou de Peres, ou simplement dans le cas où on veuille tenter quelque chose d'inhabituel. C'est à votre portée !
On peut commencer par la greffe du haut du Pereskiopsis, c'est comme cela que j'ai fait pour mon essai, mais ce n'est sans doute pas la meilleure solution. En effet, dans le cas d'un greffage de deux ou trois individus, c'est possible de la réaliser suffisamment vite pour éviter le déssechement prématuré, mais pas si on veut en faire huit ou dix, sauf en trichant (expliqué bientôt).
Il est recommandé de commencer par repérer les aréoles sur lesquelles on veut greffer. Par souci de commodité pour la manipulation (je rappelle qu'il faut être rapide, et ne pas s'encombrer de complications), on leur laisse les feuilles, on les attrapera plus facilement quand ce sera le moment de les enlever. Si on craint que le poids de la feuille ne soit trop important, alors on en sectionne la moitié transversalement, mais de façon à pouvoir quand même la saisir facilement. Il s'agit maintenant de couper. On commence par le haut de la plante.

On fait une entaille au-dessus de l'aréole, incurvée, et qui est très vite parallèle à la tige. On s'arrête de couper juste en-dessous de l'aréole. On fait alors une autre entaille, celle-ci perpendiculaire à la première, qui va désolidariser l'aréole du Peres. On vérifie que la pièce est bien détachée, puis on la replace promptement pour éviter le déssèchement. On procède de même sur les aréoles sélectionnées. Puis, au fur et à mesure qu'on traite les greffons, on enlève les aréoles, toujours accrochées à leurs feuilles. On positionne le greffon dans le bas de la blessure, là où se situe le point d'aréole. Et, si on est assez habile pour le faire sans déranger les greffes fraîches, on peut greffer sur l'apex du Peres, mais on peut aussi éviter de prendre des risques et réserver cette opération pour la semaine suivante, après cicatrisation.
Avec cette méthode, il y a très peu de pertes.
Très peu ? C'est encore trop !
Alors on va "tricher". Le secret d'une greffe réussie, c'est qu'il faut que le greffon "colle". Le teme n'aura jamais été aussi bien employé. Il existe une colle naturelle, dont je vous conseille d'enduire systématiquement toutes les coupes de vos greffons, et ce, même dans le cas d'une greffe apicale : c'est la sève contenue dans les feuilles du Pereskiopsis. Très gluante, elle apporte en outre un volume qui réduit d'autant les risques d'intrusion d'une bulle d'air, qui est fatale à la greffe. C'est mon petit secret. Je tranche un morceau de feuille qui suinte alors, et c'est ce que j'utilise. Avec ceci, sauf greffon malade, il est impossible... de rater sa greffe !







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Published by Line - dans Technique
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